J’aimerais te parler un peu. Et là, je m'adresse directement aux créatifs, pour peu qu’on ait un peu d’empathie, on se rend vite compte du fléau : Le syndrome de la page blanche. Mais si ! Tu sais ce mec-là, dans les films, assis devant une feuille Word complètement vierge (avec un gros plan sur le curseur de saisie pour mettre en évidence la vacuité créative du personnage).

Il m’est arrivé plusieurs fois d’en être arrivé là. Est-ce agréable ? Non. Est-ce normal ? Oui. Qu’est-ce qu’on peut faire ? La première chose à faire est de faire taire cette voix insupportable qui te dit :

 

C’est trop compliqué. Tu n'es pas un artiste..

 

Lorsque rien ne vient, on a vite tendance à se remettre en question. C’est d’autant plus vrai pour les personnes qui ont constamment envie de bien faire (j’en fais largement partie).

La remise en question

La remise en question n’a aucune limite. Lorsqu'il est difficile de prendre du recul, toute chose prend des proportions démesurées. Dans l’angoisse de ne rien faire, si tu entames ta création en te disant : « Je n’y arriverais pas. », il y a de grandes chances pour que ton cerveau poursuive l’idée :

- « C’est impossible »,
- « Je ne suis pas assez bon »,
- « Je ne suis rien et j’ai eu tord de penser le contraire »,
- « Si j’étais artiste, je ne bloquerais pas dès le début ».

Est-ce que ce petit blocage mérite vraiment cette escalade ? Non, bien sûr.

john maeda

Design is a solution to a problem. Art is a question to a problem.

JOHN MAEDA

John Maeda est un artiste, graphiste, enseignant et chercheur de renommée internationale. Il est actuellement Responsable Mondial de la Conception Computationnelle et de l'Inclusion chez Automattic1.

 

Pour ta gouverne, même les plus grands créateurs ont cette peur. Plus tu vas acquérir de l’expérience, plus tu auras peur : La peur de ne rien pouvoir faire, d’échouer, d’être critiqué. Cela te fait un point commun avec les meilleurs. Si cette peur fait partie de toi, tu dois l’assumer et l'a maîtriser. Il n’y a ni formule magique ni solution. Néanmoins, quelques techniques connues peuvent te donner un coup de pouce pour te débloquer.

La sérendipité

Un mot un peu barbare, mais le sens est top. Le mot sérendipité a été créé par Horace Walpole. Horace l’a créé à partir d’un vieux nom Sri Lankais, Serendip. Il a expliqué que ce nom faisait partie du titre d’un conte de fées appelé : Les Trois Princes de Serendip. Celui-ci raconte l’histoire de 3 seigneurs partis faire fortune sur la route de la soie, vers une île appelée Serendip. Tout au long de leur chemin, les trois hommes ne cessent de faire des découvertes merveilleuses et inattendues.
Au final, il repartiront avec d’autres richesses que celles qu’ils pensaient venir chercher. La sérendipité peut se résumer ainsi : Obtenir un résultat inattendu lors d’un travail ou d’une recherche.

Le maître mot ici, c’est "faire" ! Vous devez commencer à faire. N’importe quoi. Ce qui vous passe par la tête. Au fur et à mesure de votre évolution, votre cerveau fera des liens et des connexions qui vous aideront à choisir une direction artistique. Jusqu’à atteindre cette fameuse réflexion « Tiens, mais c’est pas mal ça, non ? ». Faire, c’est solliciter l’impulsion créative. Il n’y a rien de tel.

La sérendipité est une des nombreuses solutions au problème du graphiste bloqué devant son fichier Photoshop. Nous en aborderons d'autres au fil des semaines 😉